Sommaire
Mise à jour n°4 (17 mars 2020)
Vous doutiez de mon raisonnement ? Regardez plutôt cette courbe de l’action d’Uber :
Comme je l’avais annoncé, les cours vont monter et baisser régulièrement, mais plutôt globalement baisser. Là on en est à une valorisation inférieure à 50% à celle de la mise en bourse. Si vous aviez investi 10 000 euros, il ne vous en resterais que 5 000.
Depuis la dernière mise à jour de cet article (en 2019), le fondateur d’Uber, Travis Kalanick, en investisseur avisé, a régulièrement vendu ses parts (source : https://www.forbes.fr/finance/uber-pourquoi-le-fondateur-cede-t-il-ses-actions/?cn-reloaded=1). Le signe qu’il ne croit plus, lui non plus, aux chances de l’entreprise qu’il a créé ?
Mise à jour n°3 (17 mai 2019)
Si vous avez suivi mes conseils des mises à jour 1 et 2, votre capital investi aura augmenté d’environ 15% en une semaine. Investissement à la baisse le jour du lancement de l’action, investissement à la hausse dès lundi.
Ce scénario était assez prévisible, comme la suite l’est tout autant : c’est maintenant l’imprévisibilité qui va caractériser la valeur boursière de cette action, qui pourra peut-être monter un peu au-dessus du cours de lancement, puis redescendre, chuter, remonter brutalement, etc… au gré des mouvements spéculatifs des “gros” investisseurs et des nouvelles financières et commerciales de la société. Jusqu’au jour où tout le monde partagera la certitude que le modèle économique initial d’Uber n’est finalement pas viable. Confrontées à la réalité du terrain, les promesses théoriques n’ont pas tenu la route : c’est tout l’objet de cet article écrit en 2016.
Mise à jour n°2 (12 mai 2019)
La mise à jour de cet article, rédigé il y a quelques semaines, annonçait clairement ce qui vient d’arriver : l’entrée en bourse d’Uber le vendredi 10 mai 2019 s’est faite à une valorisation inférieure à 30% de celle estimée hors cotation (valeur des investissements), et dans les heures qui ont suivi, le cours a subit une chute de plus de 7%.
La mise en bourse ayant eu lieu vendredi, je présume que le soutien des principaux investisseurs ayant déjà des parts dans Uber n’a pas encore pu se mettre en place. Ce soutien va probablement arriver dans les jours à venir. Le cours va alors remonter provisoirement (si vous voulez faire un investissement à court terme, c’est à mon avis le moment : le cours va probablement reprendre au moins 5% dans les 15 jours).
Sur la séance, le titre d’Uber a perdu 7,6% de sa valeur, occasionnant par la même une perte de 655 millions de dollars (580 millions d’euros) pour les investisseurs. Il s’agit de la plus grosse perte en dollars au premier jour de l’introduction d’un titre en Bourse dans l’histoire des Etats-Unis, selon Jay Ritter, professeur à l’Université de Floride.
Business Insider
La suite ? Les “petits” actionnaires vont progressivement devenir les plus gros propriétaires de ces actions, et à la prochaine nouvelle alarmante, cela va être la débandade. Et cette fois-ci les premiers investisseurs, qui auront récupérés leur investissement, vont bien se garder de soutenir le cours de l’action.
Mise à jour n°1 (16 avril 2019)
J’ai écrit cet article en décembre 2019 alors que cette société était en plein “boom”. En effet, en tant qu’utilisateur régulier du service Uber, et discutant quasi systématiquement avec les chauffeurs, j’ai senti en quelques mois un énorme changement dans le comportement de ces derniers – qui sont passés de super enthousiastes à ultra remontés. Aujourd’hui, de ce point de vue, ça s’est calmé en France, notamment en raison de l’intervention du législateur qui a littéralement sorti du marché des milliers de chauffeurs indépendants et laissé à ceux qui sont restés plus de clients.
Mais entre temps (et la liste est loin d’être exhaustive) :
- Travis Kalanick, son fondateur, s’est fait éjecter de la boîte. Une culture d’harcèlement sur les femmes semble avoir été l’occasion de remplacer un dirigeant qui semble avoir commencé à faire peur aux investisseurs.
- Uber a été sorti de plusieurs marchés vitaux en Asie, dont la Chine, en raison d’une concurrence trop forte. Voici ce que la société dit à ce propos dans son document d’informations pour préparer sa mise en bourse : “Our ridesharing category position generally declined in 2018 in the substantial majority of the regions in which we operate impacted in part by heavy subsidies and discounts by our competitors in various markets”.
- La législation s’est durcie partout dans le monde, avec pour conséquences une diminution de ses parts de marché, voire même une interdiction d’exercer (Turquie, Bulgarie, etc.) ou avec des restrictions tellement fortes qu’il est quasi impossible de continuer d’y travailler (Hongrie, Danemark, Allemagne, Espagne, etc.)
- La concurrence classique, les taxis, s’est ressaisie après le vent de panique du début. En France par exemple, les taxis G7 ont fait évoluer leur service pour le mettre à niveau de celui d’Uber…en moins cher car les prix sont fixes et pas fonction de la disponibilité des conducteurs de VTC (si vous allez à l’aéroport à partir du centre de Paris, vous savez de quoi je parle).
- Le “Joker” de la société, la voiture sans chauffeur, est devenu son talon d’Achille, avec un procès contre la maison mère de Google pour vols de données : probablement cela se terminera par un accord secret entre les deux sociétés (Alphabet inc. étant aussi actionnaire d’Uber…), qui va empêcher Uber d’être autonome sur ce marché (et donc l’obliger à partager ses revenus).
- Uber s’est lancé, entre autres, dans la location de trottinettes… Quoi, ça ne vous fait pas rêver ?
Evidemment, quand je dis “n’existera plus”, c’est exactement comme pour Nokia dans les téléphones ou MySpace comme réseau social : la marque sera encore là, mais ne sera plus que l’ombre d’elle-même par rapport à ses ambitions financières du début.
Je rappelle que la société a encore perdu plusieurs milliards de dollars en 2018, et n’a jamais été rentable depuis sa création en 2009.
Mais, vous allez me dire, Uber va entrer en bourse, ce qui va la valoriser à environ 100 milliards de dollars (voir par exemple cet article) ! Vous voulez mon avis (de non boursicoteur) ? La vente de ces actions est probablement menée par les gros actionnaires de référence, qui sont en train d’essayer de récupérer progressivement une partie de leur investissement en revendant leurs parts au prix fort à des petits investisseurs qui croient encore au mirage de l’économie de l’Uberisation. Ils vont procéder par étape, soutenir le cours au maximum, jusqu’au jour où ils lâcheront la société – et le cours de son action va alors s’effondrer. Ce qui pourrait arriver dès les premiers jours s’ils n’interviennent pas tout de suite.
Article rédigé en 2016
Si vous êtes un investisseur dans les nouvelles technologies, j’aurais un seul conseil à vous fournir aujourd’hui : n’investissez pas dans les entreprises qui reprennent le modèle Uber – dont la croissance extraordinaire ne repose que sur la faculté de leurs créateurs à avoir exploité avant tout le monde, avec talent et à leur seul profit, l’évolution de la relation travailleur-consommateur au dépend de l’employeur intermédiaire. Leur erreur : alors que leur utilité repose sur leur faculté à mettre en relation directe les travailleurs indépendants avec les consommateurs, elles conservent une mentalité d’employeur au lieu d’agir comme prestataire de services pour les travailleurs indépendants.
Mon argumentation – que je vais détailler un peu plus loin – repose sur des mécanismes économiques connus, enseignés dans toutes les universités et grandes écoles du monde depuis des années – autant dire qu’elle n’a rien de révolutionnaire.
Je ne vais pas parler des pertes énormes d’Uber en 2015 (plus d’1 milliard de dollars) : si la rentabilité est prévue dans xx années, il n’est pas incohérent d’investir à perte durant toute cette période. Quand on croit dans un projet, il est normal de tout faire pour le porter au plus haut possible.
Je ne vais pas non plus aborder la question, très discutée ces derniers temps, pour savoir si “l’ubérisation” de la société – qui définit un écosystème où chaque particulier devient susceptible d’offrir un service contre rémunération à d’autres particuliers – est une bonne chose (création d’emplois, adaptation aux besoins des consommateurs, développement de l’esprit d’entreprise, etc.) ou une mauvaise chose (situation précaire de ces nouveaux travailleurs, flexibilité maximale à leur dépend, maxi-bénéfices au profit d’une poignée de sociétés qui visent clairement le monopole, etc.). Finalement chacun finit toujours par se positionner en fonction de ses convictions politiques et il ne peut pas y avoir une réponse objective définitive pour déterminer si “l’ubérisation” de la société est une avancée sociale ou non.
La double faiblesse qui va être fatale à Uber et qui va conduire à sa fin prochaine – et à toutes les sociétés qui suivent son modèle – est la suivante : sa technologie est trop facilement reproductible, avec au bout du compte des barrières faibles à l’entrée pour de nouveaux concurrents, et il va lui être impossible de trouver un équilibre sur le moyen/long terme entre les offres de travail pour les chauffeurs “Ubers”, leur juste rémunération et la demande des clients.
Comme l’objectif de cet article n’est pas de faire une thèse en économie, je vais me limiter à étayer succinctement ces deux arguments.
Barrière faible à l’entrée = prix comme seule variable = baisse continuelle de la rémunération des chauffeurs VTC
Je fais appel à un principe économique simple, largement démontré, pour étudier les agents économiques dans un environnement concurrentiel : si votre service est facilement reproductible d’un point de vue technique, vous êtes vulnérable. L’application Uber est assez facile à reproduire, pour un coût relativement peu élevé (quelques centaines de milliers d’euros). Sa survie dépend donc d’une seule chose : empêcher les concurrents d’exister. Car si une concurrence se forme sur le même modèle, leur seule défense sera de jouer sur les prix – c’est déjà ce qui se passe dans la plupart des pays – dont la France – où Uber a dû baisser ses tarifs – baisse pour l’instant largement supportée par les chauffeurs.
Mais maintenant imaginons qu’un petit malin propose une application très bien conçue, avec un marketing efficace, et qui ne prendrait non plus un pourcentage sur les courses, mais proposerait aux chauffeurs de payer un abonnement. Elle ne coûterait que 50 euros/mois par exemple aux chauffeurs au lieu des 20% de commission. Tout le monde y gagnerait : les chauffeurs qui pourraient augmenter leur marge, la société informatique qui gagnerait 500 000 euros/mois sur une base de 10 000 clients chauffeurs, les clients qui pourraient bénéficier de courses moins élevées. Uber n’aurait aucun moyen de lutter contre une telle offre – qui fatalement va finir par arriver. Et alors bye-bye Uber : même avec le meilleur marketing du monde, ils ne parviendront plus à convaincre un seul chauffeur de travailler pour eux – et vous allez comprendre pourquoi avec l’argument n°2. Et sans chauffeur, l’offre Uber devient obsolète. Ce scénario précipitera la fin de cette société en quelques mois seulement.
Modèle reposant sur la loi de l’offre et de la demande pure s’opposant à un environnement social protecteur
J’utilise très souvent Uber depuis deux ans, et je peux vous dire qu’il y a eu une évolution incroyable dans l’état d’esprit des chauffeurs VTC durant cette courte période. Il y a un monde entre l’enthousiasme du début et la grogne actuelle des chauffeurs qui se retrouvent en surnombre à certains moments de la journée pour des courses avec des prix faibles (UberPool permettant de faire des tarifs à la UberPop – une course qui me coûtait autrefois plus de 20 euros en taxi ne dépasse pas les 10 euros aujourd’hui). Je parle souvent avec ces chauffeurs et presque tous me disent la même chose : ce n’est pas viable de travailler avec Uber sur le long terme – ils se sont endettés et à présent ils doivent accepter de faire moins de courses (car il commence à y avoir trop de chauffeurs VTC sur le marché à Paris) pour des tarifs plus faibles. Et c’est logique : “l’ubérisation” de l’économie fonctionne sur le postulat néoclassique d’un marché du travail parfait “hors-sol”, alors même qu’il y a des centaines de facteurs qui viennent troubler ce postulat – comme les taxes, les revenus minimaux, la situation globale de l’emploi, etc. Donc un chauffeur indépendant ne peut pas accepter indéfiniment une baisse de ses revenus sur la base de “plus c’est accessible, plus il y aura de demandes, et plus y aura de demandes, plus les tarifs vont augmenter” (loi de la concurrence parfaite), tout simplement parce qu’il vit dans un environnement économique complexe avec une concurrence réajustée par l’État à de multiples niveaux et parce qu’il y a un chômage de masse structurel largement en défaveur des chauffeurs VTC.
Conclusion
Au final la seule variable concurrentielle actuelle de cette économie est le prix payé à sa main-d’oeuvre – les chauffeurs VTC – main-d’oeuvre sensée être indépendante et avoir un “esprit d’entreprise”. Or un chef d’entreprise ne se lève pour travailler que s’il espère un gain supérieur (en argent, en temps ou en liberté) à un travail salarié sans risque. En moins de trois ans les mécanismes de l’absence de barrière à l’entrée et l’équilibre impossible de ce marché ont fait basculer l’intérêt de l’entrepreneur indépendant chauffeur VTC de très positif à négatif. Il partira dès qu’il trouvera un meilleur système de rémunération.
Uber l’a bien compris, et c’est pourquoi ils se sont lancés dans la course à la voiture autonome (appelée aussi voiture sans conducteur). Sur ceci je ne me prononcerai pas : les spécialistes estiment qu’il faudra attendre 2025 pour que les voitures sans chauffeur puissent être autorisées à circuler sur toutes les routes. Ce serait probablement la seule chance de survie d’Uber. Je ne pense pas qu’elle tienne financièrement jusque là – sauf si les investisseurs acceptent de prendre encore 10 ans de risques et aient la capacité de réinjecter régulièrement des sommes énormes. Pourquoi pas, mais ce serait une première dans l’économie du numérique.
Pour conclure cette prophétie à rebours de l’euphorie financière actuelle sur les sociétés informatiques s’emparant de ce modèle économique, je fais la prédiction que “l’ubérisation” de la société trouvera sa véritable éclosion à travers le logiciel/service open-source (on ne parlera alors plus “d’ubérisation”). Ce serait un paradoxe apparent, mais en fin de compte assez logique (et déjà en application dans plusieurs domaines comme l’informatique) : tout d’abord parce que l’univers des professionnels indépendants est plus proche de l’état d’esprit libertaire (être libre de son temps, ne pas avoir de patron) qui anime l’univers de l’open-source que de l’univers libéral (concurrence libre) qui est celui des sociétés qui font travailler les indépendants, et ensuite parce qu’il semble logique que de particulier à particulier le principe de suppression de l’intermédiaire devienne la règle. Il est probable qu’émergera un jour un moteur informatique open-source global pour organiser tous les différents services entre particuliers. Ce n’est qu’une question de temps à mon avis. Et aussi une question de justice : les profits réalisés dans les différents pays n’échapperont plus de manière massive aux impôts nationaux et la richesse créée profitera entièrement à l’économie locale. L’Europe serait bien avisée d’initier un tel projet plutôt que de soutenir un improbable concurrent de Google par exemple (mais ça c’est une autre histoire).
Au bout du compte, Uber et toutes les sociétés qui suivent ce modèle économique resteront dans l’histoire comme les sociétés qui ont accéléré de manière utile et malgré elles un mouvement de réorganisation du travail et de l’économie autour de l’humain – alors même qu’elles sont l’aboutissement d’une logique suicidaire visant à s’en séparer. Une sorte de retour à la cellule individuelle du travailleur-consommateur qui était la règle avant l’ère industrielle.
Je vous donne rendez-vous dans 3 ans maximum pour vérifier cette prédiction. D’ici là, n’hésitez pas à donner votre avis – surtout si vous êtes un chauffeur VTC ou si vous êtes vous-même acteur de cette nouvelle économie !
Christophe
Thierry dit
Rassurez-vous la voiture 100 % autonome n’existera jamais. Il y aura des portions de routes autonomes comme éventuellement les autoroutes les grandes nationales qui pourront être équipés de capteurs en tout genre pour aider la voiture à être guidée mais en sortant de ses routes il faudra reprendre le volant. Ou alors il faudra accepter de faire des trajets à 20 km/h. Quant au livraison par drone il y a vraiment de quoi éclater de rire, il y a un sketch de Jean marie Bigard qui pourrait parfaitement être adaptée à ce sujet, la chauve-souris enragée…
Je suis vraiment désolé le pessimisme c’est chiant mais le réalisme c’est bien pire.
Einstein a dit éloignez-vous des pessimistes ils ont toujours un problème pour chaque solution.
je suis tout à fait d’accord avec ça mais la on cherche des fausses solutions à des faux problèmes.
Est-ce que la voiture autonome va supprimer la circulation automobile et la pollution? Ben non la seule différence c’est qu’il n’y aura plus personne derrière un volant. Il ne faudra pas oublier de mettre des robots dans le coffre pour changer les roues en cas de crevaison. ah ben non je suis con les roues seront increvables ou alors on inventera la chenille…
C’est quand même dommage que les gens capable d’inventer des choses formidables soit dirigés par une bande de crétins qui ne pensent qu’au pognon quitte à faire croire qu’ils cherchent des solutions pour rendre la vie de l’homme plus agréable tout en supprimant au fur et à mesure ce qui lui permet de vivre c’est-à-dire le travail.
je ne suis pas quelqu’un de pessimiste mais là franchement j’ai un gros doute…
Goyt dit
Uber existera encore dans trois ans. Après avoir exploité les chauffeurs et livreurs et avoir gagné beaucoup d’argent à leur dépends, elle les remplacera par des véhicules autonomes et des drones tout simplement.
Christophe dit
Uber est en train de se faire largement dépasser par ses concurrents sur la voiture autonome, fait face à un énorme procès contre la société Alphabet Inc (la compagnie parente de Google) pour vol de données, et pour les drones, tout le monde s’accorde à dire que la livraison par se biais ne se fera jamais, pour une raison simple : le bruit qu’ils génèrent. Si vous avez un voisin qui pratique cette activité, vous savez de quoi je parle. Alors imaginez des millions de drones dans le ciel : l’enfer. Tout ce qu’il reste aujourd’hui à Uber, ce sont les trottinettes… pas sûr que cela permettre un bon retour sur investissement à tous ceux qui ont injecté des milliards dans cette compagnie.
Lolie dit
2 ans plus tard… Uber est toujours là.
Antoine dit
https://www.bbc.co.uk/news/business-45202522 : “David Brophy, professor of finance at the University of Michigan, told Reuters news agency the firm could expect to see its valuation slashed in a public listing if it did not show more progress towards becoming profitable.”
Chaque année la situation s’empire pour Uber, qui a été sorti de marchés majeurs (Chine, Russie, bientôt Inde, etc.) et limité dans de nombreux pays (en France par exemple) et villes (New-York). Par ailleurs les procès et accidents autour de la voiture sans chauffeur qui indiquent que cette société ne parviendra pas à s’imposer sur ce secteur, où ses concurrents sont déjà en train de prendre de l’avance. Et pour ne rien arranger son créateur a été mis à la porte…
M.Taxi Lyon dit
Bonjour
Même si Uber perd Plus d’un milliard par an, il y a toujours Google derrière car c’est le plus gros et pratiquement le seul investisseurs.
90% des taxis sont indépendants, le restes des salariés. La G7 ou autres ne sont que des plateformes de mise en relation taxis/clients mais la G7 loue aussi des voitures taxis( véhicules équipés et licences ) au chauffeurs qui non pas de licences. La G7 est une société bien sur à but lucratif, je n’ai contre ça au contraire, mais c’était au détriment des chauffeurs et des clients d’où le succès d’uber surtout sur Paris. Beaucoup de clients prennent Uber sur la capitale mais pas en province. Nous sur lyon nous avons 3 plateformes appelé surtout centrales
Taxis ou radio taxis et la plus importante d’elles et qui a le plus de succès c’est TAXI RADIO,c’est une coopérative et donc non à un but lucratif mais surtout à un bon service pour les clients et chauffeurs.
Elle a sa propre application qui d’ailleurs existait même avant la création d’Uber.
Et pour les utilisateurs comme vous par exemple vous participez à une sorte d’évasion fiscale, car Uber ne paye pas ses impôts ni en Europe en encore moins en FRANCE, vous qui prônez la consommation locale vous en êtes très loin. Et je suis sûr que vous étiez le premier choqué de l’affaire Cahuzac alors que vous faites pareil.
Et Uber ne précarise pas que les chauffeurs vtc mais les taxis aussi, et vous parlez des 45 heures par semaines, mais vous êtes loin du compte, c’est plutôt entre 60 et 75 heures en moyenne et j’en connais malheureusement qui font 15 heures pas jour et pas sur 5 jours plutôt 6 ou 7.
molecule dit
Bonjour,
Connaissant bien ce domaine d’activité, j’ai été agréablement surpris de ta connaissance du milieu du VTC et surtout de l’économie numérique. Cela compense la bêtise de certains articles qui figurent sur le site, comme par exemple celui qui fait croire que l’on peut gagner de l’argent sur des sites de jeux de hasard…mais passons tu es presque pardonné.
Pour en revenir au cas Uber, bien sûr qu’ils finiront pas sauté. Uber a le mérite d’avoir fait exploser partout dans le monde, la corporation ultra protégée du métier de taxi en jouant avec les lois du travail et du transport de personnes. Je passerai sur le long chapitre des maltraitances que subissent les chauffeurs.
Ton analyse sur le “futur d’Uber” est excellente. J’ajouterai à celle-ci une reflexion: En quoi Uber serait plus fort lorsque les voitures sans chauffeurs circuleront? en rien ! n’importe quel constructeur de voitures autonome pourra créer son appli de mise en relation. Bye bye Uber! et aucun ancien chauffeur n’ira à leur enterrement
Christophe dit
Merci Molécule ! Ce site a une longue histoire… qui remonte dans les années 50. Il y a toujours plusieurs degrés de lecture possible – c’est pourquoi je trouve ton jugement un peu dur sur certains articles 🙂 Par exemple pour l’article gagner de l’argent avec les jeux en ligne, son objectif est aussi de montrer que le jeu est un révélateur de la personnalité (et donc une bonne façon de s’auto-évaluer) : un joueur modéré qui accepte le gain et la perte avec peu d’émotion sera à coup sûr un bien meilleur gestionnaire de croissance d’un business qu’un joueur incapable de s’arrêter de jouer – et donc de contrôler ses émotions fasse à la perte ou au gain.
Par rapport à ta réflexion sur les voitures sans chauffeur : s’ils parviennent à tenir jusque là (ce qui me semble extrêmement difficile), ils auront tout de même l’avantage de la visibilité et du savoir-marketing par rapport aux constructeurs – et donc on reviendra à une réflexion de compétition économique plus classique.
Roche Nicolas dit
Bonjour, tout d’abord comme les autres lecteurs je vous félicite de cette analyse pertinente.
Toute fois, toutes les activités quelque soit le secteur évolue avec le temps et le marché. Nokia ex-Leader incontesté du marché du mobile jusqu’en 2005, aujourd’hui est une entreprise anecdotique. Mon désaccord avec vous est sur la dead line, je pense que vous êtes pessimiste (ou optimiste) en fonction de votre point de vue.
Christophe dit
J’ai estimé cette période en me fondant sur la “patience” des investisseurs et leur confiance dans la solidité du modèle : il est difficile d’accepter de se tromper, mais encore plus difficile de devoir justifier des pertes récurrentes de l’argent confié par vos clients. Hors Uber perd beaucoup d’argent et va avoir besoin de trouver de nouveaux fonds encore pas mal d’années manifestement, d’autant plus que sa croissance est menacée un peu partout dans le monde (soit d’un point de vue économique en Asie, soit d’un point de vue règlementaire en Europe). Il suffit qu’un seul investisseur sérieux doute d’Uber et se retire d’ici trois ans : ce sera la débandade totale en quelques semaines.
dufour dit
Je pense que comme dans tout modèle les marges d’Uber vont s’effriter. Mais je ne pense pas qu’un concurrent puisse prendre leur place si facilement. Si j’avais un taxi pourquoi irai-je sur un abonnement à 50€ sans garantie du flux de client, et même pourquoi perdre mon temps pour trouver un concurrent mettons même à 3% moins cher. De l’autre côté pourquoi le client aurait-il deux appli. Non je pense que la concurrence viendra de pleins de manière differentes : les chauffeurs eux-même cherchent à s’organiser pour fidéliser des clients, les companies installées ouvriront peut-etre leur service etc etc.
Une vois pour Uber, continuer à attaquer de nouveau domaine aujourd’hui occupés par des salariés pour les précariser. ( resto etc.)
Christophe dit
Ce que je cherche à montrer dans cet article c’est qu’il n’y a pas réellement d’issue d’un point de vue économique, même sans l’apparition de concurrents (qui de fait existent déjà mais sont moins connus en France) : Uber a construit son modèle sur un modèle qui est une sorte de résumé accéléré de l’histoire du capitalisme industriel et de la contradiction qu’elle porte en son sein – de son extraordinaire capacité créatrice à sa terrifiante logique destructrice. Même aux Etats-Unis le modèle est menacé par les actions judiciaires lancées par des groupements de chauffeurs qui demandent à être considérés comme des salariés – puisque qu’ils sont dépendants économiquement d’Uber et que ce dernier n’a pas d’autres choix que de baisser leurs revenus pour faire face à la concurrence.
En réalité il y a peut-être une solution pour qu’Uber survive, mais cela va tellement à l’encontre de la philosophie de son créateur que je ne suis pas certain qu’ils l’appliquent un jour : ce serait simplement de limiter le nombre de chauffeurs par zone géographique. D’appliquer finalement ce que tous les Etats démocratiques finissent par faire un jour (avec plus ou moins d’ardeur selon les penchants politiques) : réguler les agents économiques.
J’en profite pour préciser (au-delà de ce commentaire) que cet article ne vise pas du tout à donner un avis sur tel ou tel modèle économique. Je me suis placé d’un point de vue d’un investisseur qui se demande s’il est judicieux ou non de mettre son argent dans une société avec un modèle “uber-économie”.
Bernard 65 dit
Merci Christophe pour cette analyse très intéressante.
J’ai noté et isolé ci-dessous quelques avis et commentaires que je voudrais partager :
Ta lumineuse conclusion Christophe est une feuille de route :
Il est probable qu’émergera un jour un moteur informatique open-source global pour organiser tous les différents services entre particuliers. Ce n’est qu’une question de temps à mon avis. Et aussi une question de justice
Uber et toutes les sociétés qui suivent ce modèle économique resteront dans l’histoire comme les sociétés qui ont accéléré de manière utile et malgré elles un mouvement de réorganisation du travail et de l’économie autour de l’humain.
Une sorte de retour à la cellule individuelle du travailleur-consommateur qui était la règle avant l’ère industrielle.
Remarque de Aurelien :
L’adage d’aujourd’hui est plutôt à mon sens « Winner takes all »,
en, absence de barrières technologiques et financières
Et celle de Fred :
Tous les trois cartonnent grâce à la règle du « first mover takes all ».
ou celle de « first good mover ».
C’est le genre de business où le premier qui fait bien son job prend vite une avance très difficile à rattraper.
Avec ce commentaire de Christophe :
Un des points commun entre ces trois compagnies :
une maîtrise parfaite de leur communication et une stratégie marketing très bien rodée.
Un commentaire de Ramon : 1/03/2016 14h25
« Par une plateforme blockchain, même la fonction de garantie de « qualité » du service peut-être remplacée par des notes/commentaires d’utilisateurs (cf E-bay).
Les nouveaux « Uber » fonctionnant vraiment comme une place de marché. La question que je me pose c’est: c’est-ce qu’il y aura une agrégation des transactions (un Google de la transaction blockchain) ou bien une myriade de plates-formes très spécialisées (Un Uber des ballades en calèche) ».
Réponse de Christophe
« Le service que j’imagine tendrait plutôt à être une application globale où chacun pourrait construire son offre de services en quelques clics et proposer à d’autres de le rejoindre. Le groupe « Uber des ballades en calèche » est un bon exemple, ou le groupe « Votre course en Ferrari jaune » comme autre exemple. Une telle application permettrait à chaque groupe de créer ses conditions, tarifs, règles, etc… tandis que les clients pourraient choisir de s’abonner à plusieurs groupes pour localiser les offres qui l’intéressent le plus. Finalement cela pourrait être tout simplement calqué sur le modèle des groupes de Facebook (qui est d’ailleurs la société qui pourrait le plus mettre en péril Uber s’ils leur prenaient l’envie de créer cette App).
Du coup j’ai commencé à développer dans ma tête le concept d’une telle application « universelle », un tel projet demandera un investissement à plein temps sur 18 mois au moins, je me suis contenté de le penser d’un point de vue théorique, ce qui pour moi est déjà très satisfaisant ».
Réponse de Christophe à Bernard le 3/03/2016 à 8h19
C’est ça le système Rousselet très bien décrit dans cet article (http://tempsreel.nouvelobs.com/economie/20150212.OBS2398/comment-le-roi-des-taxis-compte-contrer-uber-au-detriment-des-clients.html).
Avec Uber il ne s’agit pas d’une relation directe client-chauffeur : la vraie « ubérisation » ce serait cela.
Commentaire de Thomas le 3/03/2016 à 9H14
Ceux qui possèdent leur moyens de travail on le pouvoir.
Le software qui changera la donne (l’open source dont tu parles) existe déjà: la blockchain. Il y a déjà des applications dont la plus puissante c’est Arcade City, faite par un ancien driver UBER.
Tous ces commentaires m’inspirent confiance et m’éclairent sur ces enjeux.
J’ai 35 ans de pratique dans le secteur du bâtiment, qui est vérolé de normes biaisées, de qualifications bidons et d’obligations inutiles. Elles sont le fruit de 70 ans d’un lobbying industriel et syndical, qui étouffe la liberté d’entreprendre du petit artisan, amoureux de son travail et ultime rempart, non reconnu, d’une vraie démarche de qualité.
Depuis quelques années l’étau se ressert.
Des systèmes de type « Rousselet », dans le bâtiment nous les cumulons !
1) Les Caisses des Congés Payés qui détournent les ressources des entreprises depuis 1941 ;
(plus d’info sur le site 4c-btp.org)
2) le travail détaché, moins disant social, qui stresse le développement local depuis 1996,
3) la thermique du bâtiment qui se comporte comme un dogme et ignore les découvertes scientifiques depuis 40 ans, ce qui engendre des erreurs allant jusqu’à 35 %, au profit principalement des producteurs de laine de verre ;
4) Le RSI qui dysfonctionne depuis 2005, dès sa création, issu d’un assemblage d’organismes préexistants. Le résultat est opaque, surtout sa gestion financière des milliards en dépôt, qui sont confiés à de multiples sociétés financières privées et impénétrables ;
5) RGE et l’écoconditionalité de CITE EcoPTZ et CEE = Racket Généralisé des Entreprises
(plus d’info sur le site rge-info.com
6) Carte d’identité du bâtiment = dernière invention pour contrôler et racketter un peu plus
7) Syndicats professionnels corrompus qui travaillent pour eux même CAPEB et FFB
Les enjeux du bâtiment dans le cycle du carbone et du climat sont importants,
le RGE (reconnu garant de l’environnement) est issu de ce contexte,
mauvaise réponse à une bonne question.
La bonne réponse aurait été la mise en place d’un réseau interactif PtoP une intermédiation entre partenaires, clients et prestataires.
Cela m’est apparu comme évident depuis déjà plusieurs années,
et par extension j’en suis arrivé à conceptualiser une application à développer de proche en proche vers un service « universel ».
J’ai rencontré un informaticien qui a travaillé de son côté sur le même sujet, je voudrais essayer de démarrer quelque chose avec la participation d’institutionnels comme la chambre des Métiers, il faut aussi trouver quelques liquidité pour investir dans ce projet informatique.
Peut être que certains membres de votre communauté seraient intéressés par l’aventure ?
Merci de prendre contact pour échanger plus en détail avec ce mail : [email protected]
Christophe dit
J’espère que ton projet va fonctionner ! L’idéal serait de l’exposer en détail sur un site Internet dédié. Nous pourrons relayer ensuite l’information ici.
Pour connaître un peu le secteur du bâtiment (plusieurs rénovations personnelles à mon actif, beaucoup de contacts avec les artisans, et là je suis en plein dans le lancement d’un projet d’extension de maison), je suis d’accord : en France, c’est absolument délirant ce qu’il se passe depuis les années 50 – tant au niveau administratif et fiscal que du lobbying industriel. On est vraiment devenu le pays de la “mal-maison” (versus la mal-bouffe). Et là-dessus aussi il y aurait beaucoup à dire sur l’impact que cela peut avoir sur l’état d’esprit de chacun.
Stéphane dit
Bonjour Bernard et Christophe, avec mon ami de toujours et associé Cyril, nous sommes révoltés de voir toutes ces plateformes qui se gavent sur le dos des travailleurs (soi-disant) indépendants. Alors que ce sont bien ces derniers qui représentent la vraie valeur de ce que vous achetez à ces plateformes.
Cyril et moi, sommes des pro des app et avons décidé de mettre nos talents au profit de cette cause en développant Komunn : application équitable d’échange de services entre personnes. L’idée est bien que l’économie numérique soit accessible à tous et serve enfin les intérêts seuls des travailleurs indépendants et artisans. L’idée est simple : sur Komunn, chaque travailleur pourra ouvrir sa boutique, choisir un métier (tous les métiers de service y seront) et sélectionner les types d’offres qu’il veut vendre. Plus qu’à fixer ses prix et c’est parti. Les clients pourront sélectionner le service qu’il recherche et choisir immédiatement parmi les offres des travailleurs autour de chez eux. Côté rémunération, la plateforme ne prendra que le strict nécessaire à son fonctionnement. Ce sera une app totalement communautaire, où chacun pourra participer à l’amélioration du catalogue de métiers et des types de services.
N’hésitez pas à apporter votre soutien à notre initiative sur Komunn.com. Nous sommes preneurs de professionnels de tous métiers pour nous aider à constituer le catalogue initial, de testeurs pour mettre à l’épreuve l’application et tout simplement de supporters pour nous soutenir et nous faire connaître.
Bernard, je te contacte tout de suite sur ton courriel pour savoir où tu en es de ton côté depuis mars…
Christophe dit
Bravo ! Je m’inscris de suite pour la tester et en parler. J’espère qu’elle va trouver son public. Mon conseil : la priorité rapidement sera de concevoir une communication innovante, à mon avis fondée sur la viralité. Sans passer à côté de tous les autres points clefs dans le lancement d’un projet 🙂 Voici une bonne lecture à ce propos : http://playbook.samaltman.com/.
Et pourquoi pas tenter l’aventure du Crowdfunding d’ailleurs ?
Fred dit
Bien sûr qu’aucune entreprise n’est à l’abri et cet article analyse plutôt bien les menaces auxquelles Uber est confronté. Mais il est à mon avis trop catégorique (car trop partisan ?) et oublie ses forces.
-OK, il n’y a pas de barrière technique à l’entrée. Mais ce n’est pas cela qui fait la force de Uber. Son atout incomparable, c’est le phénomène “first mover takes all”. A savoir que les clients choisissent en priorité Uber parce que c’est via Uber qu’ils ont le plus de chances de trouver une voiture en bas de chez eux. Du coup, les chauffeurs choisissent en priorité Uber parce que c’est via Uber qu’ils ont le plus de chances de trouver des clients. Ces deux logiques se renforcent en permanence jusqu’à créer une barrière très haute (à défaut d’être infranchissable) pour les autres acteurs. Une boite comme Chauffeur Privé en fait les frais. Sur la course non forfaitaire, elle ne parvient pas à concurrencer Uber.
-OK, tirer les prix à la baisse jusqu’à décourager les chauffeurs n’est pas tenable à long terme. Mais c’est ainsi que se définit un prix de marché dans une économie de libre échange (la seule qui fonctionne, rappelons-le). Si trop de chauffeurs arrêtent (ce qui reste à prouver), Uber sera contraint de remonter un peu les prix. Il sera certes un peu moins concurrentiel vis à vis des taxis, mais il lui restera l’attrait des voitures propres, des chauffeurs aimables et du paiement automatique.
Finira-t-il aussi par perdre cet avantage du fait de la grogne des chauffeurs ? Peut-être. Dans ce cas, son offre ressemblera de plus en plus à celle des taxis qui se rapprochent eux mêmes de plus en plus de l’offre d’Uber. On aura donc le choix entre deux services à peu près similaires. C’est la vie.
Reste qu’il n’y a rien d’étonnant à cela. Quand on y songe, Uber n’a rien inventé d’extraordinaire. Il a juste proposé une offre que les taxis auraient déjà mis en place depuis dix ans s’ils n’avaient pas été en situation de monopole de fait.
Christophe dit
Une des faiblesses non développée dans mon article, c’est que Uber ne peut pas interdire leurs chauffeurs de travailler pour d’autres compagnies (sinon ils prendraient le risque énorme d’une re-qualification des contrats privés en contrats salariés). Du coup beaucoup de chauffeurs Uber sont aussi de fait chauffeurs pour Chauffeurs-privés ou LeCab – et ferment l’application Uber à certaines heures qui ne sont plus rentables pour eux. Si une nouvelle application était plébiscitée par les chauffeurs VTC, rien ne les empêcheraient d’en faire la promotion dans leur voiture, et de proposer par exemple une course avec une remise pour les inciter à s’inscrire. De fait il y aurait autant de voitures disponibles sur cette nouvelle application que sur celle d’Uber.
Partisan de l’esprit d’entreprise à échelle humaine, je le revendique effectivement 🙂 Tout le monde n’a pas envie de chercher à devenir à tout prix multimillionaire, mais je trouve belle l’idée que chacun puisse dans son activité professionnelle avoir la possibilité de d’organiser son travail en fonction de paramètres personnels.
Mais cet article est surtout lié au fait que j’ai été marqué en tant qu’usager d’Uber par l’évolution incroyable et palpable de la position des chauffeurs travaillant pour cette compagnie en moins de deux ans : de unanimement très enthousiastes et débordant d’énergie et de projets ils me disent presque tous aujourd’hui que s’ils doivent subir encore une baisse imposée de leurs tarifs et ils vont voir ailleurs; et je sors souvent déprimé d’une voiture Uber maintenant, parce que les chauffeurs n’ont vraiment pas le moral (faites le test, vous verrez !).
Fred dit
Tout nouveau tout beau. Il est logique que les chauffeurs soient un peu moins enthousiastes qu’au début. Personne n’a jamais dit qu’il s’agissait d’un job ultra fun et je veux bien croire que le quotidien ne soit pas toujours drôle. Mais je ne ressens pas la même chose que vous lorsque je leur parle. Ils me disent être contents d’avoir un job, en tout cas.
Je pense que je me sers d’Uber (en course instantanée) et de Chauffeur Privé (en course pré-réservée lorsque je vais et reviens de Roissy) une cinquantaine de fois par mois.
Est-ce un test suffisant ou dois-je vous demander ce qu’il convient de penser du niveau de satisfaction des chauffeurs ?
Christophe dit
Effectivement nous avons à peu prêt la même fréquence d’utilisation, mais pas du tout le même retour. Comme quoi la façon de poser des questions peut biaiser fortement les réponses 🙂 Mes questions sont généralement assez précises sur leur ressenti par rapport à la société Uber. De là on arrive souvent sur l’expression d’une frustration générale élevée. J’imagine que si je leur demandais comment ils trouvent leur job de manière globale ils seraient un peu plus positifs. Je vais faire le test.
Fred dit
La voilà la réalité : deux fois le smic pour des gens le plus souvent jeunes, généralement sans formation et dont la plupart ne trouvaient pas de boulot du fait de leurs origines ethniques :
http://www.lesechos.fr/journal20160309/lec2_entreprise_et_marches/021751791222-ce-que-gagnent-vraiment-les-chauffeurs-uber-en-france-1205588.php#xtor=EPR-7-%5Bmatinale%5D-20160309-%5BProv_%5D-1886118%402
Alors bien sûr, on peut toujours considérer que ce n’est pas le Pérou et que la vie des chefs de pub chez Publicis est plus agréable.
Mais il me semble qu’il faut un peu redescendre sur terre, non ? En particulier dans un pays avec près de 6 millions de chômeurs…
Christophe dit
Deux fois le SMIC (le montant mensuel brut sur la base de 35 heures du Smic 2016 est de 1 466,62 euros), vous êtes certain ?
Votre article donne les chiffres suivant : “3.600 euros par mois pour 45 heures d’activité, mais dont il faut déduire en moyenne de 40 à 50% au titre des frais d’essence, du coût de la voiture, etc.”. Cela fait donc 1800 euros en réalité, pour 45 heures par semaine.
On arrive donc à un revenu horaire de 9,23 euros au lieu de 9,67 euros pour le revenu minimum garanti.
Au début les chauffeurs VTC gagnaient non pas 3600 euros/mois, mais le double, et donc là oui effectivement c’était intéressant et motivant.
Mais, et c’est tout l’objet de cet article, le modèle UBER pousse à la baisse des tarifs et fait travailler aujourd’hui des indépendants plus de 45 heures par semaine, avec un revenu inférieur au SMIC : vous croyez vraiment que ça va durer longtemps ?
D’autant plus que les 45 heures sont comptées uniquement par rapport au travail sur la route : j’imagine qu’en ajoutant les heures purement “chef d’entreprise” (travail administratif, comptabilité, etc.), on arrive facilement à 50 heures par semaine… Sans congés payés, sans mutuelle, sans sécurité en cas de pépin (Uber vous éjecte si vous avez moins de 3,5 en notation), sans perspective de croissance réelle (c’est plutôt le contraire qui va se passer comme je l’ai montré) : on est effectivement très loin du Pérou.
Fred dit
Vous êtes vraiment l’incarnation du gauchisme qui mène la France dans le mur ! Arcbouté sur votre SMIC sans réaliser que c’est précisément lui qui exclut des millions de personnes du travail.
Toujours à geindre, toujours à estimer que l’être humain a droit à ceci ou à cela. Mais mon vieux, les chauffeurs Uber n’ont pas plus le droit au bonheur et à la prospérité que vous et moi. Et Uber ne leur doit rien. Que feraient-il en ce moment ces supposés travailleurs exploités si cette boite californienne créée à des milliers de kms d’eux n’existait pas ? Combien gagneraient-ils par mois ? Ni 3600 euros, ni 1800 euros, ni même 900 euros. Au mieux, ils seraient en train de végéter avec leur RMI à 500 euros, au pire ils devraient compter sur leurs parents pour les nourrir.
Mais OK, continuons ainsi à réclamer la prospérité pour tout le monde tout en voyant le nombre de chômeurs exploser.
Les gens comme vous sont désespérants de bêtise !
-“Le défaut du capitalisme, c’est qu’il répartit la richesse inégalement. La qualité du socialisme, c’est qu’il répartit la pauvreté également.” Wintson Churchill
Christophe dit
Vous positionnez le débat sur un endroit idéologique très loin du postulat de départ : est-ce que le modèle économique d’Uber est viable ou non ? Votre dernier commentaire est consternant : vous me reprochez de parler du SMIC, mais je ne l’ai fait que pour redresser une contre-vérité de votre commentaire précédent qui parlait… du SMIC. J’ai le sentiment que c’est plutôt vous qui faites une petite fixation à ce sujet.
Je pensais avoir expliqué assez clairement dans l’article que le modèle économique d’Uber s’exonère des réalités existantes – dont le SMIC fait partie en France. Ce SMIC est une réalité économique qui a des conséquences concrètes que ne peuvent ignorer des entrepreneurs (notamment au niveau des charges sociales).
Relisez bien : à aucun moment je n’ai dit ce que je pensais de ce revenu minimum en lui-même.
Votre ton condescendant et méprisant ne peut en rien enrichir une réflexion. Du coup nous allons en rester là et vous éventuels futurs commentaires ne seront plus publiés.
Lestien dit
Salut Christophe
Je suis tombé par hasard sur ton article c’est un chauffeur vtc qui travaille avec mon appli qui me l’a envoyé.
C’est extrêmement intéressant ton développement !
Sache que je viens de lancé “waloo” appli type uber exactement sur le modèle économique dont tu as parlé !!
Waloo car aucune commission sur la course forfait mensuel de 65€ et que des courses en espèces.
Ton article m’a encouragé bien que les debuts sont prometteurs.
Cordialement,gaspard
Yann Gourvennec dit
Merci pour cet excellent article. Je suis d’accord sur le montant de la frustration.
Le différentiel manquant dans votre article est peut-être la notoriété d’Uber, savamment entretenue par ce mythe de l’uberisation et les craintes qu’il suscite (en fait la crainte que la technologie, même ancienne, imprime sur une partie non négligeable du public, persuadée que c’est une menace. cf. le titre de l’interview de M Lévy qui a donné naissance à ce vocable). Ce point n’est pas négligeable à mon avis, et c’est même un avantage concurrentiel indéniable, bien plus qu’une app facilement copiable et somme toute pas terrible. Probablement même que c’est ce point qui est primordial. IMHO
Christophe dit
Etudiant, j’avais rédigé un mémoire de fin d’étude de sciences politiques qui portait sur les discours autour des nouvelles technologies : sans surprise on retrouve des enthousiasmes et des craintes déjà exprimées durant l’Antiquité.
Exemple amusant tiré de Phèdre de Platon (à comparer sur ce qu’on dit aujourd’hui d’Internet par rapport au livre) :
Theuth : « L’enseignement de l’écriture, ô roi, accroîtra la science et la mémoire des Égyptiens; car j’ai trouvé là le remède de l’oubli et de l’ignorance. »
Le roi répondit : « Ingénieux Theuth, tel est capable de créer les arts, tel autre de juger dans quelle mesure ils porteront tort ou profit à ceux qui doivent les mettre en usage : c’est ainsi que toi, père de l’écriture, tu lui attribues bénévolement une efficacité contraire à celle dont elle est capable; car elle produira l’oubli dans les âmes en leur faisant négliger la mémoire: confiants dans l’écriture, c’est du dehors, du fond d’eux-mêmes qu’ils chercheront à susciter leurs souvenirs; tu as trouvé le moyen, non pas de retenir, mais de renouveler le souvenir, et ce que tu vas procurer à tes disciples, c’est la présomption qu’ils ont la science, non la science elle-même; car, quand ils auront beaucoup lu sans apprendre, ils se croiront très savants, et ils ne seront le plus souvent que des ignorants de commerce incommode, parce qu’ils se croiront savants sans l’être. »
Mais sinon MySpace, Yahoo et Internet Explorer disposaient aussi d’une forte notoriété avant de se faire supplanter par d’autres.
xavier dit
Très bonne analyse et quelque rassurante sur cet hyper capitalisme. Mais Uber s’étant associé avec Ford sur la voiture autonome, je pense qu’ils vont tout mettre dans leur pari techno, c’est leur planche de salut, et malheureusement ils peuvent encore gagner ce pari: car qui ne mettrait pas de l’argent sur cet techno inévitable?
Christophe dit
Peut-être que Ford rachètera alors Uber pour une valeur infiniment moins élevée que celle qui lui est attribuée aujourd’hui. Mais je ne vois pas comment Uber va tenir les 10 ans nécessaires au minimum (les spécialistes disent 25 ans) à un déploiement commercial de ces voitures. Dans tous les cas il est certain que le métier de chauffeur de taxi ou de VTC devra se réinventer durant ce siècle et qu’à défaut il va disparaître. Qui aurait pensé il y a quelques années que c’est le client qui remplirait le réservoir d’essence de sa voiture ? Je ne sais pas s’il reste encore une station en France avec un pompiste : ce métier a tout simplement disparu.
Thomas dit
Christophe, ton intuition est parfaite. J’ai 2 remarques:
argument de plus pour ton scenario (le mien aussi): les chauffeurs possedent les outils, les moyens de travail–>leur voiture. C’est un parametre important. D’apres Marx c’est meme le parametre le plus important: ceux qui possedent leur moyens de travails on le pouvoir.
le software qui changera la donne (l’open source dont tu parles) existe deja: la blockchain. Il y a deja des applications dont la plus puissante c’est Arcade City, faite par un anchien driver UBER.
J’attends avec impatience que Uber se casse la gueule.
Thomas
Christophe dit
Affaire à suivre ! Ce qui est certain, c’est que les choses vont beaucoup bouger dans les mois/années à venir sur ce marché, et qu’il va y avoir de la casse. J’espère que ce ne sont pas les chauffeurs VTC qui vont en pâtir, car à titre personnel j’apprécie vraiment leur service.
Fred dit
Si Marx le dit, alors c’est surement vrai. Tout ce que Marx a dit s’est vérifié à 100%
Thomas dit
tu connais l’oeuvre de Marx? Sais tu exactement ce qui a ete verifie ou pas?
C’est l’interpretation de l’oeuvre de Marx qui a cree le desastre de l’URSS et autres, pas Marx. (tout comme certaines interpretations du coran creent des monstres comm Isis)
De plus, je parle juste du fait qu’il a identifie comme parametre important le fait de posseder ou pas les moyens de travail et je compare avec UBER qui ne possede pas le voitures.
Bernard dit
Le raisonnement est assez convaincant sauf, je pense, sur un point : Uber n’a pas permis de mettre le client en relation directe avec indépendant : au contraire, il a créé un intermédiaire entre les deux.
Christophe dit
Effectivement lorsqu’on hèle un taxi dans la rue, on pense qu’il s’agit d’une relation directe. Sauf que les taxis indépendants à Paris, il n’y en a que 43%… et que ces 43% travaillent de toutes les façons en majorité avec la plate-forme de réservation G7 qui a le monopole. C’est ça le système Rousselet très bien décrit dans cet article (http://tempsreel.nouvelobs.com/economie/20150212.OBS2398/comment-le-roi-des-taxis-compte-contrer-uber-au-detriment-des-clients.html).
Il y a très peu de pays à mon avis qui ont un marché avec des taxis indépendants en majorité (mais comme je ne suis pas un spécialiste du taxi, je m’avance peut-être un peu à ce propos).
Donc effectivement vous avez raison sur le fait qu’avec Uber il ne s’agit pas d’une relation directe client-chauffeur : la vraie “ubérisation” ce serait cela. Mais il ne s’agit non pas plus d’une création : cette application a juste ringardisé les intermédiaires qui existaient déjà, comme la centrale de réservations G7.
Kalachnikov dit
2 contre arguments:
. Un concurrent sérieux surgit ? Il suffira à Uber de le racheter (un peu comme Facebook et ses divers rachats)
. La variable “humaine” des chauffeurs peut les mener à leur perte ? Vive les voitures autonomes sans chauffeur (d’ici 4/5 ans pour les premiers vehicules) ; les premiers tests sont en cours
Christophe dit
> Racheter son concurrent : en filigrane ont voit bien que le principal concurrent d’Uber, c’est sa main d’oeuvre. Si elle participe au développement de sa propre App, elle ne se fera pas racheter. Et sinon : en Chine, le principal concurrent d’Uber au développement fulgruant, Didi Kuaidi, a toutes les chances de devenir bien plus gros qu’Uber, notamment avec l’appui Alibaba. Il est déjà trop tard pour Uber sur ce front. Et Didi Kuadi aura beaucoup plus de souplesse pour faire évoluer son modèle économique au regard de ses investisseurs (en premier lieu un fonds souverain chinois). Pour en savoir plus : http://www.lefigaro.fr/secteur/high-tech/2015/08/06/32001-20150806ARTFIG00011-didi-kuaidi-l-application-chinoise-qui-fait-trembler-uber.php
> Voiture autonome : oui cela devrait arriver, certainement en si peu de temps. Se réjouir de la mise à carreau de personnes comme vous et moi est triste, même s’il faut admettre que chaque évolution technologique s’accompagne de conséquences humaines parfois dramatiques.
Alexandre dit
Cette analyse est très intéressante.
Il y a un point négligé dans votre analyse. L’adoption de l’application par les consommateurs.ce n’est pas parce que vous créez une application fusse t elle géniale ou tout au moins mieux disante que les autres que vous allez réussir à la faire adopter par les consommateurs. Il y a des tonnes d’applications qui bien que meilleures que les autres n’ont jamais réussi à percer. L AppStore est un cimetière d applications dans le transport. La puissance d uber dans le marketing pourra peut-être faire une différence sur le long terme et permettre à Uber de conserver son avantage concurrentiel
Christophe dit
C’est très juste jusqu’à un certain point. Et d’ailleurs il existe déjà une application concurrente d’Uber en France, financée par des chauffeurs VTC Uber qui se sont rebellés : VTC Cab qui est devenue Free Cab (http://www.freecab.com/). Premier point surprenant : même la plupart des chauffeurs Uber ne connaissent pas cette application ! Et quand vous lisez les commentaires à son propos, votre observation prend vraiment tout son sens 🙂
Cela mériterait un article supplémentaire (mais je ne vais pas faire le boulot du concepteur de l’appli qui va tuer Uber !) pour expliquer pourquoi il va être indispensable de réfléchir à un système de régulation intelligente des tarifs et de la qualité du service. Free Cab transpire l’amateurisme de ses commanditaires, qui ont juste copié l’appli Uber tout en cherchant à obtenir les meilleurs avantages tarifaires pour les chauffeurs (et du coup il semble que les tarifs explosent par rapport aux taxis et Uber) et en n’imposant pas un système de contrôle strict de la qualité du service.
Du coup cela vient de me faire prendre conscience qu’en réalité Uber, c’est l’organisation d’un marché basé sur une violation des règles de droit sur la concurrence, car les prix proposés par les entreprises indépendantes (les chauffeurs Uber) sont fixées par une entente fédérée par l’entreprise californienne. Un juriste pourrait sans doute apporter un regard plus avisé que moi à ce sujet.
gambos dit
Article qui respire le bon sens et dont je partage les convictions.
Reste néanmoins le problème de la rente de situation des compagnies de taxi actuelles : la dérégulation de ce marché est indispensable.
Christophe dit
Il faut en finir avec la rente de situation des taxis G7 à Paris : nous sommes d’accord, c’est simplement délirant. Il m’arrive encore de prendre des taxis (si vous êtes chauffeur de Taxi parisien ne le prenez pas personnellement, il s’agit d’expériences réelles) et au moins une fois sur deux je suis sidéré par leur comportement vis-à-vis du client. Le dernier en date a rechigné à sortir pour nous aider à mettre les valises dans le coffre, a été plus que désagréable quand je lui ai demandé s’il prenait la carte bleue (il s’est avéré que non), a conduit comme ses pieds, n’a pu empêcher de faire un petit détour et a manqué écraser nos valises en reculant après nous avoir déposé à la gare du Nord !
En Espagne Uber aurait du mal à fonctionner (outre l’interdiction liée à une décision de justice), car les chauffeurs sont bien plus professionnels (même s’ils ne peuvent s’empêcher de faire des petits détours aux étrangers, comme partout dans le monde).
Anonyme dit
Il y a un besoin donc il y a un marché. Après c’est sans doute celui qui trouvera le bon équilibre entre les lois, les utilisateurs et les chauffeurs (ou tout autres d’agissant).
Si les chauffeurs sont mécontents, ils monteront leur propre plateforme, feront autre chose, Uber avec ses propres règles disparaitra peut être, mais un autre reposant sur le meme principe, mais payant peut être mieux prendra sa place… et les consommateurs suivront.
Christophe dit
Je suis d’accord : je trouve ce service génial et répondant parfaitement à un besoin de trouver un moyen de transport privé facile à utiliser et accessible (du moins à Paris).
Ramon dit
Globalement je pense que c’est assez juste. Avec Blockchain les sociétés qui se plaçaient comme intermédiaires (Uber mais aussi Air BnB, ou autres) n’auront plus de justification, à moins de devenir des infrastructures (p.ex avec les voitures sans chauffeur), qui passeront elle même par une plateforme blockchain. Même la fonction de garantie de “qualité” du service peut-être remplacée par des notes/commentaires d’utilisateurs (cf E-bay). Par contre la notion de prix sera probablement extrêmement variable (transactionnelle), les nouveaux “Uber” fonctionnant vraiment comme une place de marché. La question que je me pose c’est: c’est-ce qu’il y aura une aggregation des transactions (un Google de la transaction blockchain) ou bien une myriade de plates-formes très spécialisées (Un Uber des ballades en calèche ;)).
Christophe dit
Mise en perspective très juste. Le service que j’imagine tendrait plutôt à être une application globale où chacun pourrait construire son offre de services en quelques clics et proposer à d’autres de le rejoindre. Le groupe “Uber des ballades en calèche” est un bon exemple, ou le groupe “Votre course en Ferrari jaune” comme autre exemple. Une telle application permettrait à chaque groupe de créer ses conditions, tarifs, règles, etc… tandis que les clients pourraient choisir de s’abonner à plusieurs groupes pour localiser les offres qui l’intéresse le plus. Finalement cela pourrait être tout simplement calqué sur le modèle des groupes de Facebook (qui est d’ailleurs la société qui pourrait le plus mettre en péril Uber s’ils leur prenaient l’envie de créer cette App).
A vrai dire toute cette idée de la fin d’Uber a germé dans mon esprit parce que plusieurs chauffeurs Uber m’ont demandé des conseils pour créer un site Internet afin de se faire connaître et fidéliser leurs clients, et ma réponse était qu’une carte de visite serait plus efficace – car ce qui intéresse le client, c’est avant tout le “tout en 1” de l’application et de pouvoir trouver un chauffeur en moins de 5mn. Du coup j’ai commencé à développer dans ma tête le concept d’une telle application “universelle”. Mais comme je travaille sur d’autres projets qui me passionnent (comme le site http://www.loecsen.com), et qu’un tel projet demandera un investissement à plein temps sur 18 mois au moins, je me suis contenté de le penser d’un point de vue théorique, ce qui pour moi est déjà très satisfaisant 🙂
jerome dit
Excellente analyse, mais l’avantage compétitif d’Uber, c’est pas la techno ou la “disruption”, c’est la capacité d’influencer des gouvernements corrompus pour établir un protectionisme et des nouvelles normes grouvernementales favorable à Uber. Comme on dit ici, “whoever gets there first wins” – et Uber a été “la” en 1er. Tant qu’ils continuent de payer pour jouer, et qu’ils sont les seuls à avoir acheter les politiciens, et qu’ils éliminent leurs concurrents, ils resteront en place. Je me ferais pas de soucis pour eux à votre place 🙂
Christophe dit
En tout cas ce lobbying ne semble pas trop bien fonctionner en France et dans pas mal de pays européens qui ont bloqué leur appli !
Fred dit
Uber réussissant à vivre en corrompant un Etat qui protège au contraire le monopole des taxis depuis 50 ans ?
Les commentaires conspirationnistes m’étonneront toujours…
Anonyme dit
Excellente analyse, mais l’avantage compétitif d’Uber, c’est pas la techno ou la “disruption”, c’est la capacité d’influencer des gouvernements corrompus pour établir un protectionisme et des nouvelles normes grouvernementales favorable à Uber. Comme on dit ici, “whoever gets there first wins” – et Uber a été “la” en 1er. Tant qu’ils continuent de payer pour jouer, et qu’ils sont les seuls à avoir acheter les politiciens, et qu’ils éliminent leurs concurrents, ils resteront en place. Je me ferais pas de soucis pour eux à votre place 🙂
Cyril dit
Cet article se concentre essentiellement sur l’analyse d’Uber, mais qu’en est-il des sociétés qui fonctionnent sur un model similaire et sont effectivement en croissance exponentielle depuis plusieurs années (Notamment : Blablacar pour l’industrie du transport, et AirBnB pour l’Hôtellerie) ?
Clem dit
Pour moi elles ne sont pas toutes concernées.
L’équivalent d’AirBnB en version “non-ubérisé” existe déjà, ça s’appelle Leboncoin. Si les gens passent par AirBnB, c’est parce qu’il y a des avantages : possibilité de remboursement en cas d’annulation, garantie que l’annonce n’est pas une arnaque… Il y a un service supplémentaire.
J’ai jamais utilisé Blablacar, mais je vois pas trop le service en plus par rapport à un covoiturage trouvé sur des petites annonces classiques. L’avantage c’est l’audience du site qui fait qu’on a plus de chance de trouver la destination qu’on cherche, mais le service est le même.
Dans le cas d’Uber, que le chauffeur soit salarié ou non, que la société prenne un pourcentage sur les courses ou un abonnement au chauffeur ne change en rien le service.
C’est pour ça que ça me met hors de moi ceux qui comparent les taxis et Uber à l’évolution du courrier papier vers l’email (ou maréchal ferrant => voiture, bref, n’importe quoi pour paraître intelligent).
Uber et les taxis c’est exactement le même service : transporter quelqu’un d’un point A à un point B dans une bagnole. On peut pinailler que les chauffeurs d’Uber sont sympas, qu’il y a des bouteilles d’eau et des bonbecs. Mais dans ce cas-là la comparaison c’est plutôt qu’on est passé du courrier papier au courrier papier dans une enveloppe fleurie qui sent bon.
Et dans ce cas-là moi aussi je peux pinailler. Par exemple les taxis peuvent prendre les voies de bus, donc théoriquement nous transporter plus vite => le service d’Uber est moins bon.
Et le prix n’est pas non plus une innovation, c’est juste un concurrent moins cher, mais c’est le même service.
Non, la bonne comparaison, c’est plutôt imaginer la réaction des facteurs si les livreurs de lait s’étaient mis à faire le même boulot qu’eux pour moins cher. Là on est dans l’uberisation.
Christophe dit
Pour Blablacar il ne s’agit pas d’un modèle de mise en relation d’un professionnel indépendant avec un particulier, mais d’un particulier qui souhaite amortir le coût d’un trajet en faisant payer une partie par des passagers.
Pour AirBnB la question peut en revanche se poser, mais là encore il y a une différence de taille : initialement le projet n’était pas de créer des professionnels indépendants de l’hôtellerie “à la maison”, mais de permettre à des particuliers de proposer à d’autres particuliers de dormir chez eux moyennant rétribution – ce qui pouvait leur permettre de réduire un peu les frais de leur habitation. Pas d’en vivre.
Ces deux sociétés ont donc des modèles qui ne sont pas du tout similaires à celui d’Uber dans leur état d’esprit.
Fred dit
En tout cas pour la France, il y a quand même un point commun entre Uber, Bla Bla Car et AirBnB : tous les trois cartonnent grâce à la règle du “first mover takes all”.
Cela ne signifie pas qu’ils ne méritent pas leur succès, car il est abusif de dire que ce sont des “first mover”. Ce sont en revanche ce qu’on pourrait appeler des “first good mover”.
Christophe dit
Pour AirBnB ce n’est pas le cas : il existait depuis bien longtemps des sites de mise en relation propriétaires particuliers / touristes, comme https://www.homelidays.com/. Mais ils étaient vraiment ringards et n’avaient pas su évoluer – ce qu’ils ont fait depuis.
Un des points commun entre ces trois compagnies : une maîtrise parfaite de leur communication et une stratégie marketing très bien rodée.
Fred dit
C’est bien pour cela que je parle de “first good mover” plutôt que “first mover”. A savoir que c’est le genre de business où le premier qui fait bien son job prend vite une avance très difficile à rattraper. C’est le cas de ses trois compagnies.
ACTIF VTC dit
La dérive de ce système est bien expliquée dans cet aarticle.
Max dit
Très bonne analyse, merci pour cet article.
houd dit
Bonjour,
J’ai lus attentivement votre article, dans l’ensemble l’analyse simplement j’aimerai savoir pourquoi personne ne s’intéresse à une éventuelle augmentation des revenue des chauffeurs je m’explique,
Votre idée qu’une application pourait prendre le pas à uber en mettant en place un abonnement à 50€/mois et baisser les tarifs des courses de cette manière le chauffeur devrai augmenté ces revenue mais oui ok il va les remontée mais sa ne sera pas encor assez pour vivre dessament,
Uber fait bosser ces chauffeurs à perte, uber n’est pas une référence, j’ai bosser 2ans avec uber je suis revenue dans le taxis,
Uber arrive à mettre ces tarifs car il joue sur le turn over des chauffeurs qui est impressionnant et également grâce au société lotti qui employé des salarie non qualifier en les déclarant qu’à moitier,
Si vous voulez on peux rentre en contact je vais vous expliquer quelque vérité sur le systement uber and co
Au plaisir
Christophe dit
Merci pour votre témoignage. Plusieurs chauffeurs Uber semblent gagner correctement leur vie – surtout les premiers qui ont pu payer leur voiture et qui n’ont pas acheté la dernière Mercedes dernier cri à 70000 euros.
La question du tarif est évidemment centrale : si le marché est régulé par l’Etat comme pour les taxis, c’est possible de fixer les tarifs en fonction d’un niveau de revenus attendus par les chauffeurs . Si le marché est régulé par une entreprise, sans cadre légal, le tarif va dépendre de la concurrence : clairement Uber pour emporter des marchés se doit d’être moins cher que l’offre existante – et donc les chauffeurs doivent accepter des marges plus faibles que les chauffeurs de Taxi. Uber n’a absolument pas le choix. S’ils augmenteraient leurs tarifs, les chauffeurs Uber n’auraient plus de clients. Leur seule marge de manoeuvre, c’est soit de baisser le pourcentage reversé aux chauffeurs, soit de réduire le leur – choix qu’ils n’ont pas fait encore en France mais à mon avis ils ne vont pas pouvoir y échapper. Et c’est précisément ce qui me fait penser que ce modèle n’est pas pérenne.
Anne-Sophie dit
Je ne connais pas bien la situation en France, mais en Angleterre, les chauffeurs se font un max et sont super contents!
Jean dit
Non c’est faux, je vis en Angleterre également et les chauffeurs se plaignent de la meme chose. Uber est un tres bon systeme pour les clients, mais pas pour les chauffeurs!
Christophe dit
Je n’ai qu’un avis très limité sur la situation à Londres : j’ai pris plusieurs fois Uber dans sa version de base, et j’ai eu assez peur – le niveau (service, voiture, etc.) n’avait rien à voir avec celui à Paris. Et les conducteurs avaient tous en point commun une conduite nerveuse et agressive. Il y avait déjà beaucoup de chauffeurs clandestins avant à Londres : c’est possible qu’une partie se soit tout simplement rattachée à Uber. Mais si l’application Uber rend à la fois les clients et les chauffeurs heureux – et donc qu’elle se développe, alors forcément à un moment ou à un autre les chauffeurs vont être confrontés à la situation décrite dans l’article.
Mais effectivement cela vaudrait la peine de faire une étude comparative de la situation des chauffeurs Uber selon les pays/villes : je suis certain que ce serait une mine d’informations sur d’autres aspects économiques et sociaux.
Agnes dit
En Angleterre, ou j’habite, tout d’abord il y a depuis longtemps le systeme des mini cabs, qui pour la majorite ne connaissent pas bien la ville et sont payes au lance pierre, souvent des immigres qui débutent leur carriere. Uber surfe sur la meme vague, et propose en general des tarifs plus avantageux. Et il y a les taxis, qui contrairement a la France, doivent passer un examen tres difficile, appelé “the Knowledge” et donc connaissent la ville par cœur. C’est d’ailleurs impressionnant, meme les petites rues 🙂 J’ai deja utilise Uber, des minicabs, et des taxis, et en fait, maintenant, pour la difference de service, je choisis toujours les taxis. Qui sont plus chers, certes, mais le chauffeur est aimable, il sait ou il va…etc. alors que les minicabs et les chauffeurs Uber, souvent ne parlent pas bien anglais, connaissent mal la ville (il y en a un par exemple qui ne connaissait pas la tour de Londres, ils ne fonctionnent que par GPS), sont malheureux et sous payes, et cela se ressent enormement dans la qualite de service.
Il y a une seule entreprise de minicab, qui s’appelle Addison Lee, qui elle, a choisi le creneau VTC de qualite, forme ses chauffeurs, a standardise son parc automobile, et eux, je peux également les utiliser a l’occasion, notamment pour des distances plus importantes où un taxi serait vraiment hors de prix.
Je suis tout a fait d’accord dans votre analyse. C’est (un peu) comme Airbnb. C”est bien comme complément de revenu et comme une alternative a un voyage moins cher et différent, mais pas comme un boulot a plein temps et viable a moyen terme. J’ai loué ma chambre libre par Airbnb, et la pression sur les prix se fait déjà beaucoup sentir. Personnellement, j’ai fait ca plus pour m’amuser, que pour un complément de revenu, et a la fin, avec la concurrence, la professionnalisation de certains acteurs, cela crée une énorme pression sur les prix, et sur la qualité, cela demande beaucoup trop de travail pour un gain toujours plus faible (et honnêtement, je suis chef de projet dans la finance, avec un bon salaire, donc ça ne valait vraiment pas le coup malgré l’intérêt humain de l’expérience 🙂
Ca vaut le coup uniquement lorsqu’on a de la place chez soi et du temps (retraités dont les enfants sont partis par exemple, ou femme au foyer, qui veulent un complément de revenu).
Et je pense en effet, que si on excepte le fait qu’Uber est survalorise, d’autres sociétés (plus petites) peuvent très bien fonctionner comme cela, soit par le principe de l’abonnement, soit en gardant le même principe qu’Uber (peut être avec des comm moins élevées), et offrir une alternative moins onéreuse a des gens moins regardants sur la qualité, et qui préfèrent payer un prix moindre (i.e. certains étudiants sortent et payent un autre étudiant qui arrondit ses fins de mois pour les ramener de boite 🙂 Tout comme le même type de site existe pour toutes sortes de services : femmes de ménage, garde d’animaux…etc. Mais avec un marche plus divisé, beaucoup de petites entreprises, et avec ce modèle, cela fonctionne bien.
En fait pour moi, ce genre de modèle est un modèle alternatif, et permet à des acteurs qui en ont peu les moyens d’accéder aux voyages, aux transports…etc. et à des gens qui en ont besoin un petit complément de revenu. Mais cela ne peut pas être un système “de masse”, pas a long terme en tous cas.
Christophe dit
Je suis 100% en phase avec vos remarques. Uber a d’ailleurs écorné l’image de ce système économique alternatif qui aurait pu évoluer discrètement sans apparaître aujourd’hui comme l’ultime phase “d’exploitation capitaliste” – ce qu’il n’est pas quand aucun des acteurs de ce système ne tire un bénéfice démesuré par rapport aux autres.
jerome dit
Article bien écrit, bien détaillé, bien étayé, bravo. Par contre, 1 question : qu’est ce qui empêche à Uber de mettre en place le système d’abonnement mensue pour les VTCl dont vous parlez plutôt que le système actuel et ainsi garder cette main d’oeuvre si précieuse pour eux ?
Clem dit
Parce que ça leur rapporterait beaucoup moins. S’ils passaient de 20% de toutes les courses à 50€ par chauffeur et par mois (ou même 100€ ou 200€), ils y perdraient énormément et la valorisation de la boîte s’effondrerait.
Une nouvelle entreprise peut se lancer sur ce modèle économique, mais Uber ne peut pas en changer d’un claquement de doigt.
Julie dit
Pas sûre d’avoir les connaissances nécessaires pour avaliser ou non cet avis mais quelques affirmations sont très vraies et le raisonnement intéressant. Et surtout, j’ai envie de croire dans votre conclusion!
Pour ma part, la seule conversation constructive que j’ai eue avec un chauffeur uber était avec un étudiant qui y voyait une manière d’arrondir ses fins de mois. On a calculé ensemble quel revenu il faisait et conclut tout les deux que si pour un boulot étudiant c’est un bon complément, pour un boulot plein temps ce n’est pas suffisant car il y a beaucoup trop de frais (assurance, maintenance, prix de la voiture au départ, impôts, vacances, assurances…). En ce qui concerne les autres chauffeurs, ils étaient pour la majorité immigrés en galère et au début de leur carrière uber donc malaheureusement n’avaient peut-être pas le recul nécessaire pour juger du service.
Hâte de voir ce qui va se passer.
Thib dit
Réflexion stimulante, merci !
Il faut tout de même envisager que l’avenir d’Uber soit une flotte de véhicules autonomes, d’ici une décennie ou deux. Les barrières technologique et capitalistiques seraient alors bien plus élevées.
Christophe dit
Effectivement, c’est un avenir assez probable qui va faire évoluer fortement le métier des VTC. Les barrières ne seront pas si élevées : étant donné qu’il y a aura plusieurs constructeurs de voitures autonomes, chacun pourra créer sa compagnie en louant ou achetant ces voitures. Et à ce moment effectivement le modèle économique redeviendrait plus classique, avec une relation directe entreprise-client. En alors la première compagnie en place (objectif d’Uber qui me semble impossible à tenir financièrement jusqu’à maturité de cette évolution dans les transports) sera bien difficile à déloger – plus pour des raisons d’image (“Winner takes all” comme le dit Aurélien dans un commentaire plus haut) que pour des barrières technologiques ou financières.
Dans tous les cas je suis toujours écoeuré de la morgue de Travis Kalanick vis-à-vis des chauffeurs VTC lorsqu’il dit qu’ils sont le principal coût et qu’il va chercher à le faire disparaître avec les voitures autonomes. En attendant, c’est leur travail et leur investissement personnel dans les voitures qui lui permettent de croire en l’avenir de son entreprise. Et surpris que les chauffeurs continuent de bosser pour lui – alors qu’il a annoncé de manière très claire (à ce sujet au moins on peut reconnaître sa franchise) que son objectif est de s’en séparer à moyen terme.
Scp vtc unsa dit
Belle prophétie.
Effectivement le modèle est suicidaire.
Nous espérons en tant que syndicat réveiller bon collègues et récupérer notre métier.
Seul le temps nous dira. La suite des événements.
Aurelien dit
Merci pour cet article.
Toutefois je pense que vous vous trompez 🙂
Développer Instagram ou Tinder ne coûte pas grand chose.
Même WhatsApp, cela n’est pas grand chose lorsque l’on a la trésorerie et les talents de Facebook.
Pourtant, ils ont été racheté très très très cher.
La barrière n’est donc plus la complexité technique.
L’adage d’aujourd’hui est plutôt à mon sens “Winner takes all”
Christophe dit
La grande différence avec ces applications est que la création de valeur repose pour Uber non pas sur le client directement, mais sur la relation client-chauffeur. C’est cette relation qu’il faut analyser et c’est elle qui me fait écrire qu’elle est à la fois la source du succès foudroyant de cette compagnie, mais aussi son fossoyeur à court terme car elle va se retrouver face à un mur – les chauffeurs en sur-nombre n’accepteront pas de travailler quasi-gratuitement dans l’espoir d’une promesse future d’une augmentation du marché qui pousserait l’offre à se raréfier (plus de clients = moins de voitures Uber disponibles) et devrait alors provoquer l’augmentation des prix (loi de l’offre et de la demande d’Adam Smith pour faire simple). Ne serait-ce qu’en raison d’un concurrent qui existe bien encore, les Taxis : lorsqu’il y a pénurie de voitures Uber certains soirs et que les prix sont majorés, alors il redevient plus intéressant d’un point de vue du tarif de prendre un Taxi.